Benelli, un nom qui claque. Ces motos furent pointues, assez pour remporter le Tourist Trophy avant guerre, une marque rachetée dans les années septante par de Tomaso. Rien que ça. Tout ça au départ, en 1911, d’une Mamma italienne qui a créé la marque pour que ses six fils aient un bon emploi. Brava !

Depuis quelques années, l’Italienne bat pavillon… chinois. Une made in Shanghai dont le plus gros moteur, pour l‘instant, est un 500 ccm de « cilindrata ».

Cruiser au bord de l’Ourthe

Nous avons pu l’essayer sur la dernière née, la 502 C, le roadster urbain, un cruiser façon hot-rod.

Sur la forme, elle est top, même si sa ligne est décalquée sur la Ducati Diavel. Perturbant à la mise en route, comme un débutant, on regarde où se trouve la pédale de gauche, tellement décalée vers l’avant. Sur nos routes sinueuses vers la très belle Ourthe, ces repose-pieds repoussés à côté de la roue avant grattent facilement le bitume. D’autant que le guidon se donne des airs de choper. Large et haut, il permet des manœuvres courtes et franches, même si les bras suspendus du pilote fatiguent un peu à la longue.

Ca marche pas mal finalement !

On cruise comme ça jusque Grandhan, sans difficulté pour manger au bord de l’eau. Le moteur, le bicylindre en ligne à refroidissement liquide, moulin principal de la marque, nous a heureusement surpris. Sur le papier, c’est 47,6 chevaux et ses 46 Nm de couple semblaient faiblards. Pourtant, la boîte 6 est bien étagée, ce qui permet d’élever le niveau de conduite sans trop de difficulté. Ok, on n’est loin du circuit, mais ca avance pas mal. Même si certains passages de la 3e à la 4e furent parfois laborieux.

Attention quand même, en accélérant à fond pour rattraper les copains, l’avant se soulage un peu. Ce début de guidonnage nous rappelle que cette moto est plus faite pour la balade tranquille.

Pas de suspension électronique pour ce prix-là

Niveau suspension, on n’est clairement pas sur du dur, la fourche inversée avec bras de 41 mm fait plonger la belle en cas de gros freinage. Au retour de notre journée, dans la pénombre, les entrées de courbes serrées sont devenues aveugles, puisque le phare LED en plongée illuminait juste devant la moto.

A l’arrière, l’amortisseur central avec précharge à quand même eu du mal à préserver nos lombaires sur les « remarquables » revêtements wallons. Gageons qu’en ville, tout devrait aller mieux.

Rapport qualité/prix intéressant

Cette 502C est une belle surprise. Avec son look édifiant et ses prestations correctes pour un 500 ccm3, elle en jette et fait progresser Benelli, notamment en finition par rapport à la TRK X plus en retrait.  L’Italo-chinoise ou Sino-italienne semble apprendre très vite et devrait développer des modèles de plus en plus aboutis.

Et lorsque l’on regarde la facture, on se pince. Cette 502C coute 6 299 euro !

Yves Merens

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