Cela faisait longtemps que j’attendais l’essai de cette Tesla Model X. Elle n’est pas le dernier modèle de la marque (la Model 3) mais elle est intéressante parce que, arrivée en Europe en 2016, elle est un épouvantail dans le segment électrique des grandes familiales. Avec ses énormes portes papillons, ce monospace/SUV électrique donne l’impression d’être sorti d’un film. Avec les ailes déployées, elle montre sa volonté de s’envoler, comme un gros coléoptère. Et même si le patron de Tesla, le fantasque Elon Musk, conquière l’espace avec ses fusées, ce Model X est bien construit pour rester sur la route. 

La légende dit d’ailleurs que c’est Musk qui voulait une voiture avec des portes qui permettent l’accès facile à ses enfants dans les parkings des supermarchés, effet soucoupe volante en plus ! On est loin des portes de la Peugeot 1007 qui avait la même volonté pour les parkings… il y a 15 ans. 

Toujours est-il qu’il en jette ce grand véhicule, malgré ses cinq années d’existence. 

C’est la plus lourde et la plus grande des Tesla vendue chez nous, en attendant peut-être un jour le fameux Pick-up Tesla que l’on croirait sorti de Star Wars. 

Avec ses 2,5 tonnes, ses sept places possibles et sa largeur de 2,27 mètres, on ne peut la rater. Sa base est la même que la Model S mais ses performances sont un peu moindres. Entre 422 et 598 chevaux quand-même, suivant les versions. Relativisons donc un peu : comme toujours avec les voitures électriques haut de gamme, le couple est présent tout de suite en grande quantité. Cela donne une poussée digne des meilleures sportives et des accélérations de 0 à 100 km/h à faire pâlir les meilleurs moteurs thermiques. Le meilleur Model X fait l’exercice en 2,8 secondes. Pour comparer, choisissons au hasard la Porsche 911 de base qui arrive à 100 km/h en lui cédant plus d’une seconde. 

Sauf que dans le modèle X, au moins cinq, voire sept grands gaillards peuvent être installés.

Dans le cocon 

A l’intérieur, on est, comme toujours, frappé par le côté épuré, même si ce modèle plus âgé a plus de commodos que les dernières Model 3. On reconnait d’ailleurs le bouton d’ouverture des fenêtres ou les commandes d’essuie-glaces de chez Mercedes, fruit d’une collaboration qui a fait long-feu.

Ici, le fameux écran géant Tesla est vertical. Tout où presque est possible, à commencer par surfer sur internet… en roulant. Même si Tesla est toujours au taquet pour imposer sa conduite autonome pas encore opérationnelle ici, faire une recherche Google en conduisant semble pour le moins inopportun. 

Un peu plus loin dans la barre de menu de cet écran qui gère tout, depuis le son jusqu’au chauffage, en passant par les applications embarquées, on trouve une curieuse « boîte à jouet ». Elle permet de changer, de colorer l’écran, de naviguer sur Mars (encore un rêve de Musk). Et, plus surprenant encore, voire horripilant, la fonction « réduction de la pollution ». Celle-ci affiche l’habitacle vu de haut avec sur un des sièges, un coussin rose, façon « coussin péteur ». La grande classe ! Soulignée encore par l’onglet « clignotant péteur », pas besoin d’expliquer les sons diffusés au moment du changement de direction. Sidérant de vulgarité. Il paraît que c’est pour faire des blagues aux passagers. On comprend pourquoi cette voiture a été pensée pour les enfants de Musk… mais quand même ! Chez Telsa, on assume fièrement en disant que toutes les Tesla en disposent. Si j’avais les moyens d’en acheter une, je paierai volontiers plus pour enlever ce gadget de mauvais goût. 

L’autonomie mon bon Monsieur, l’autonomie

Et bien, c’est pas mal. On parle ici de 380 à 420 kilomètres suivant le style de conduite et les conditions, même si la marque revendique 507 kilomètres officiellement. Mais surtout, nous l’avons testé, les Superchargeurs sont très efficaces. Une base a été récemment installée sur le parking d’un hôtel à Wavre, à côté de la E411. En 40 à 50 minutes, le « plein » est fait. Cela paraît long mais le lobby de l’hôtel est accessible 24h/24 avec du wifi et, cerise sur la gâteau, 10% de réduction sur les consommations pour les propriétaires de Tesla.

Ces pratiques commerciales d’un nouveau genre m’ont séduit, je dois bien l’avouer. Faire plusieurs centaines de kilomètres, s’arrêter pour travailler dans un bel endroit pendant une petite heure et repartir pour 400 kilomètres, c’est finalement pas mal du tout. A noter pour les pressés qu’en 15 minutes de charge, l’autonomie est augmentée de 180 kilomètres.

Contrairement à l’idée reçue, la charge n’est plus gratuite pour tout le monde. Elle coûte 26 euros sur un Supercharger, ce qui fait plus ou moins 6,5 euros pour cent kilomètres. Et 20 euros sur la borne installée chez soi, soit seulement 5 euros aux cent. Certes, la voiture frôle les 90 000 euros ! Mais cette somme est toujours déductible. Comme tout les amateurs de voitures, je préfère les mécaniques à combustion, nobles et vigoureuses, mais je dois bien avouer que ce Model X fait le job à sa manière, façon 21esiècle. 

Yves Merens 

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